ACCIDENT DE PLONGÉE



ACCIDENT DE PLONGÉE

Les accidents qui surviennent lors de la pratique de la plongée subaquatique peuvent être classés en accidents spécifiques et non spécifiques.

Accidents spécifiques
• Accidents mécaniques à la descente et à la remontée :
- barotraumatisme ORL, dentaire, digestif, plaquage du masque (épistaxis, pétéchies), effet ventouse de la combinaison,
- surpression pulmonaire à la remontée rapide, à glotte fermée (pneumothorax, embolie gazeuse).
• Accidents biochimiques :
- accidents d’hyperoxie (toxicité de l’O2, effet Paul Bert),
- hypercapnie engendrée par l’épuisement ventilatoire,
- narcose à l’azote.
• Accidents biophysiques (accidents de décompression) :
- type I : puces, moutons, bends,
- type II : accidents médullaires, vestibulaires, cérébelleux, AVC...
• Cas particulier du FOP (foramen ovale perméable)
Accidents non spécifiques
• Perte de connaissance :
- Primaire (syncope, crise comitiale, trouble du rythme ventriculaire, ACR, hydrocution...),
- Secondaire (traumatisme crânio-encéphalique, rachidien, noyade, hypothermie, hyperthermie maligne d’effort, hypoglycémie, épuisement...).
• Danger de la faune et de la flore.
Surpression pulmonaire

L’azote ne participe pas au métabolisme de l’organisme mais subit les mêmes lois physiques. La vitesse de saturation tissulaire en azote dépend de la durée de la plongée et de la profondeur. Lors d’une remontée rapide à paliers courts, il existe un relargage tissulaire de l’azote dissout sous forme de bulle dépassant les capacités de filtration pulmonaire. Ces bulles peuvent rester piégées dans les structures musculotendineuses ou osseuses ou migrer dans le réseau veineux créant un blocage de la circulation capillaire pulmonaire (shunt) et une diminution du retour veineux, voire dans la circulation générale notamment par la présence d’un foramen ovale (30 % de la population) et provoquer une ischémie d’aval du territoire vascularisé et une réaction inflammatoire générale.

Diagnostic :
Triade associant des signes respiratoires (toux, dyspnée, hémoptysie, OAP, pneumothorax, pneumo-médiastin), des signes neurologiques graves par aéroembolisme (amaurose, cécité, convulsions, hémi ou quadriplégie, coma) et des signes généraux (pâleur, froideur, cyanose, asthénie, angoisse, choc), survenant dès la sortie de l’eau.

Etiologies :
Surdistension brutale des volumes de gaz intrapulmonaires lors d’une remontée trop rapide “à glotte fermée”. Il s’ensuit une tamponnade gazeuse brutale puis une effraction alvéolaire et embolie gazeuse.
Accident de décompression

Diagnostic :
Survient de quelques minutes (50 % en moins de 10’) à quelques heures après la remontée, très variable, allant de manifestations dermatologiques (prurit, éruption maculo-papuleuse) ou ostéoarticulaires (douleur intense voire intolérable, impotence fonctionnelle) à des manifestations neurologiques médullaires (occlusion veineuse épidurale), vestibulaires ou cérébrales (monoparésie, quadriplégie,



Surpression pulmonaire

Conduite à tenir :
- O2 MHC 15 l/min, remplissage par cristalloïdes (NaCl) ou macromolécules (VOLUVEN®) (objectif : PAS = 100 mmHg), antalgie (morphine titrée), prévention de l'hypothermie.
- Décompression à l’aiguille fine 2eEICA en cas de pneumothorax avéré.
- Si trouble de la conscience ou épuisement respiratoire : IOT / ISR et VC (FiO2= 1, petits volumes, Pmax = 30)

Accident de décompression

Conduite à tenir :
- Examen clinique, Scope, PNI, SpO2, température, ECG.
- Lutte contre hypoxie et dénitrogénation par oxygénothérapie normobare avec MHC à 15 l/min, remplissage par cristalloïdes (NaCl 0,9 %, RL), voire colloïdes (Voluven®) pour lutter contre l’hypovolémie vraie (pertes hydriques liées à l’effort physique, réduction des apports, fuite plasmatique capillaire) et relative (vasoplégie).
- Médicaments optionnels : lutte contre l’hyperthermie (paracétamol, recommandation de type 2), et antiagrégant (ASPÉGIC® 500 mg PO ou IV, recommandation de type 3).
- En cas de détresse respiratoire : drainer un pneumothorax par décompression à l’aiguille fine (2e EICA), recours à la CPAP afin de lutter contre l’hypoxie/hypercapnie.
Si trouble de conscience : IOT/ISR et VC.

Surpression pulmonaire : Transport

Transport :
Médicalisé vers une réanimation polyvalente s’il existe des signes de gravité.

Accident de décompression : Transport et traitement spécifiques .

Transport et traitement spécifiques :
En cas d’accident biophysique, transport médicalisé et recompression en caisson hyperbare idéalement avant H+6 pour limiter les complications liées à la toxicité de l’O2.
Efficacité jusqu’à 20 h après accident.
Récupérer les caractéristiques de la plongée (profondeur, paliers, durée, succession de plongées...) ou l'ordinateur.

Samedi 4 Juin 2011
Yanis Belhatri


Dans la même rubrique :
< >

Mercredi 8 Juin 2011 - 13:15 Polytraumatisé